LA PROFESSION SPIRITUELLE DE L’ÉCUYER

Quelle est la raison d’être de la profession spirituelle ?

1 - Elle permet à l’Écuyer Novice de faire sincèrement le point sur les fondements personnels d’unparcours maçonnique de plusieurs années et sur le sens profond de sa démarche spirituelle.

2 - Ce n’est pas une exigence à caractère administratif. Ce travail est important et doit être lon-guement mûri. Il ne s’agit pas d’une « planche », ni d’une déclaration de principe hâtivement rédi- gée. Loin d’être une formalité, c’est le cœur du travail de l'Écuyer Novice, par l'accomplissementduquel se révéleront en lui-même (ou pas) les motivations de sa propre quête. En ce sens elle est une "révélation".

3 - Elle permet à tous les Frères concernés (Instructeur des Novices, Héraut de Préfecture, Com- mandeur, Préfet, membres du Comité de Lecture et Roi d’Armes) de connaître et comprendre la démarche du futur CBCS, et de vérifier ainsi l'adéquation spirituelle de son projet d'armes, de nom et de devise. La profession spirituelle est révélatrice de la Voie empruntée. C’est également l’ultimemise au point formelle.

Quelle est la forme de cette profession spirituelle de l’Écuyer ?

Il s’agit d’un texte de quelques pages (4 au plus) dactylographié.

Que doit-elle contenir ?

Elle présente les motivations qui ont conduit l’Écuyer Novice à entrer et à persister dans cetteVoie initiatique qu’il a choisi de vivre, dans le cadre de notre Régime, ainsi que sa compréhension actuelle du sens, du but et des moyens de cette démarche, et de la spécificité de la Voie proposée par notre Régime.

Elle doit être l’expression de la vie intérieure, du chemin emprunté et des motivations profondes pour lesquelles le candidat aspire à devenir Chevalier. Ce texte est purement personnel, nous de-vrions dire intime. C’est pourquoi ces réflexions ne peuvent être que le fruit d’un long temps de ma-turation, "condition sine qua non" au mûrissement du projet.

La profession spirituelle de l’Écuyer Novice doit être reflet de l’âme. De son contenu doit se déga-ger, émerger, le cœur mis à nu de l’Écuyer Novice, qui le conduira à préférer une création unique àtout emprunt extérieur. Au final, cette réflexion importante devra également conduire l’Écuyer à ex-primer le cheminement qui l’aura conduit à faire le choix des Blason, Nom et Devise, exprimant à travers cela son projet de Vie, ce choix devenant alors la manifestation extérieure de ce chemine- ment.

Le cheminement d’un Écuyer Novice doit en effet être motivé par un seul but, décider ce qu’il fera de sa découverte de soi, car pour tout homme, l’initiation n’a d'effectivité et de sens que si elle reçoit une réalisation en lui-même et dans le monde.

Que doit-elle éviter ?

  • Les digressions « biographiques ». L’histoire de l’individu ne peut y être évoquée que de manière incidente si (et dans l’exacte mesure où) elle a eu une influence déterminante sur son orientation spirituelle. Rappelons-nous que le Chevalier est un homme nouveau, dotéd’un nom nouveau. Son passé est effacé, et tout est renouvelé.

  • La description de la symbolique des quatre premiers grades et des éléments de doctrine qui les sous-tendent. Ces points sont considérés comme maîtrisés au moment del’admission dans l’Ordre Intérieur.

• Les longs développements sur la croyance et la pratique confessionnelle de l’Ecuyer. S’ilestime nécessaire de parler de la religion chrétienne, il est souhaitable qu’il le fasse dansles termes de la première question d’Ordre (« Que pensez-vous de la religion chré- tienne ? ») et non sous une forme apologétique, dévotionnelle ou mystique.

D’une manière générale, compte tenu de la nature de l’exercice, la simplicité d’expression doit êtreprivilégiée. La brièveté, la concision sont en outre d’efficaces remparts contre les débordements del’ego et la tentation du « discours ».

Quand doit-elle être rédigée ?

Cette profession spirituelle devant être longuement mûrie, l’Écuyer Novice doit être informé de cesujet dès la première réunion de sa Commanderie.

Le travail sur le Blason, le Nom et la Devise n’interviendront qu’ultérieurement, comme unaboutissement de cette maturation.