Louis Claude de Saint-Martin montre sa fidélité aux enseignements de J. Martinès de Pasqually : il n’a jamais nié la valeur ni l’efficacité de la théurgie Coën, mais a estimé n’avoir plus besoin de celle-ci une fois qu’il crut en avoir tiré assez d’avantages spirituels.

La philosophie saint-martinienne se rattache étroitement aux systèmes de Boehme à qui il emprunte le thème de la Sophia et de Pasqually qui lui donne l'armature de sa gnose.

Saint-Martin décrit longuement les conséquences de la Chute, dont il tire l’essentiel de sa cosmologie, et indique les voies par lesquelles l’Homme pourrait se régénérer lui-même en entraînant la nature dans une gigantesque Réintégration.  C’est toujours de l’Homme que part le Philosophe inconnu, pour qui il faut expliquer les choses par l’Homme et non pas l’Homme par les choses. 

Si Saint-Martin a tendance à se détacher du monde, il échappe toujours à la mystique pure, dans la mesure où il reste un insatiable observateur de la nature; il intègre chaque notation concrète dans un système théosophique à la fois cosmogonique, cosmologique et eschatologique où chaque donnée est toujours saisie dans un ensemble des ensembles, secret de la démarche analogique ou de la doctrine des correspondances.